Cannabis : ne pas mollir ! – L’invité du NF 27.03.14

Une nouvelle fois la Berne fédérale pose la question de la politique de la drogue sous prétexte que de nombreux Suisses en consomme et qu’il vaudrait dès lors mieux libéraliser et reconnaître de facto une réalité qui ne plaît à personne plutôt que de réaffirmer un non sec et cinglant à ces produits qui détruisent nombre de nos jeunes.

La politique a un rôle à jouer dans l’orientation de la population et ne se borne pas à une chambre d’enregistrement des modifications de la société voire même de toutes les déviances. Prendre et assumer des responsabilités, c’est aussi oser dire que tout n’est pas bon et que tout ne doit dès lors pas être légalisé. Faire confiance au libre choix de l’individu est la base de notre extraordinaire démocratie mais nous n’avons pas le droit de négliger les plus faibles qui ne peuvent par eux-mêmes décider librement et qui paieront ensuite le prix fort de ce laisser faire.

Bien sûr on va nous expliquer que la libéralisation sera limitée, qu’il vaut mieux pour les consommateurs disposer de produits de qualité (!) plutôt que de produits de provenance douteuse. On va ensuite nous faire croire que cette libéralisation du cannais n’est pas qu’une étape et on s’offusquera lorsqu’on évoquera la tactique du salami pour étendre la libéralisation. On ira probablement même jusqu’à présenter la culture du chanvre comme le salut de nos agriculteurs soumis chaque jour à une pression croissante. On nous jettera à la figure notre consommation de fendant sensée être plus néfaste que les drogues. On nous rappellera aussi combien nous autres habitants de régions rurales sommes des ploucs qui ne comprenons rien au développement actuel de la société urbaine et moderne. Peut-être même que les libéraux de tous bords pousseront le cynisme à renier les problèmes issus de la consommation de drogue.

La liberté doit aller de pair avec la responsabilité et ceci lui impose simplement une limitation. Dans la politique de la drogue, la réponse est simple, c’est une tolérance zéro. Toute ouverture fait payer le prix fort à nos jeunes qui hypothèquent leur avenir tant du côté de leur santé que de leur formation.

Accepter un assouplissement de la politique de la drogue, c’est jouer avec le futur de nos enfants. Nous n’en avons pas le droit.

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