Complexes de riches – L’invité du NF 22.11.13

Depuis quelques temps, surgissent des propositions visant à entraver – les tenants de l’économie planifiée diront à cadrer– le développement de notre économie. Initiative Minder, Lex Weber, 1 :12, salaires minimaux, LAT, etc. etc. Notre capacité de générer de la richesse et des emplois est ainsi restreinte et soumise à un contrôle toujours plus fort. Ces propositions suicidaires sont faites sans une vision globale du développement de notre société et sans en peser les conséquences à long terme.

Dans une Europe en proie à une crise durable, notre pays fait figure d’exception et est souvent cité comme modèle de succès. C’est ce bien-être supérieur à la moyenne qui fait penser à certains que cette situation est acquise pour toujours et qu’on peut désormais se permettre tout et n’importe quoi dans la régulation de la société et du marché. Penser cela, c’est omettre que la stabilité politique et la flexibilité du travail sont la force de notre pays.

La stabilité politique d’abord que nous mettons à rude épreuve en générant de l’incertitude : dans les investissements avec la Lex Weber et la révision de la LAT, sur la pratique salariale avec 1 :12, les salaires minimaux et sur le cadre fiscal avec l’impôt sur les successions ou la suppression de l’impôt forfaitaire.

Les conséquences de ces propositions sont dramatiques pour notre pays ! Mais, le pire, c’est que nous nous demandons tous quelle sera la prochaine étape qui plombera un peu plus la compétitivité de la Suisse et du Valais. Dans ce flou, les investisseurs, désécurisés, renoncent à engager des moyens pour bâtir ou entreprendre.

La flexibilité du marché du travail ensuite. Contrairement à certains de nos voisins, les Suisses ont encore envie de travailler. Il y a longtemps que nous avons compris que les réglementations trop strictes dans le domaine de l’emploi sont contreproductives tant pour les employeurs que pour les employés. Tout en rejetant les abus salariaux et l’indécence des très hauts et des très bas salaires, force est de constater qu’à vouloir « surréglementer » l’emploi, les entreprises renoncent à engager ou délocalisent leurs activités dans un pays souple avec la main d’œuvre. Si nous sommes parvenus à maintenir cette flexibilité, elle est aujourd’hui en danger ! Et nous autres Romands qui aimons railler le modèle français et la mentalité d’assisté qu’il génère, ferions bien de balayer devant notre porte et de nous battre contre ces idées « révolutionnaires » avant de nous réveiller dans la même situation.

Nous ne devrons jamais oublier que le Valais, mais aussi la Suisse, a souffert pendant de nombreux siècles de la pauvreté. Cette pauvreté qui a notamment poussé de nombreuses personnes à l’émigration n’est pas si éloignée dans le temps.  Ces propositions coupées de la réalité, même si elles partent d’un bon sentiment, pourraient bien nous renvoyer dans la misère.

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