La Suisse doit rester fidèle à elle-même

Les Valaisans aiment le 1er août. Non seulement car il s’agit de faire la fête et que nous apprécions particulièrement ces moments de partage et d’amitié mais plutôt car il nous renvoie à cette image de l’origine de la Suisse. Un pays simple, montagnard, attaché à ses valeurs, fier de son histoire, de sa neutralité et de son indépendance. Un pays qui s’est bâti solidement et qui est devenu un Etat envié de tous car il a su tirer profit des particularités de chaque région, de chaque canton et de faire de cet obstacle un avantage.

Ces derniers mois, cette image a été mise à mal tant en Suisse qu’en Valais.

Cette petite Suisse attaquée de toutes parts a parfois de la peine à trouver sa voix dans une Europe économiquement à la peine qui cherche à récupérer chaque centime qu’il est possible de grapiller. Et ce n’est pas le populisme que s’intègre chaque année davantage à la politique fédérale qui simplifie les choses. Les élus ne doivent jamais oublier qu’ils sont les représentants du Peuple et se doivent de rechercher l’intérêt général avant tout. Cette Suisse qu’on voyait si sûre s’avère parfois hésitante, chancelante et surtout divisée.

Mais l’image de notre Confédération a aussi été écornée dans notre canton. Si cela n’est pas vraiment nouveau – on est Valaisan avant d’être Suisse – les proportions prises ces derniers temps m’inquiètent et me chagrinent. Nous avons l’impression que nos amis Confédérés ne nous comprennent plus et, pire, ne respectent plus nos différences. Ceci est un fait nouveau dans un pays qui tire sa richesse du consensus, de cette habitude à rechercher des solutions au 1er abord imparfaites et qui prennent du temps mais des solutions qui ont fait, et font encore, le succès du modèle suisse. Il ne s’agit évidemment pas d’attaques contre notre canton, comme pensent certains, mais d’une lame de fond qui est bien pire et beaucoup plus dangereuse. Les Suisses, qui sont de plus en plus urbains et uniformisés par la mondialisation, comme de très nombreux autres pays, pensent que ce qui est bon pour une ville du Plateau est aussi bon pour un village typique des Alpes. Ce n’est pas le cas, un point c’est tout. Mais il nous revient de leur expliquer cela pour que la Suisse redevienne cet îlot de compréhension entre les langues, les cultures et les régions.

Je ne veux pas non plus, en ce jour de Fête nationale, laisser le mauvais rôle à nos amis des autres cantons. Je pense que nous autres avons aussi, en bons Valaisans, à approcher les problèmes différemment et à convaincre plutôt que de compter sur la compassion et l’amitiés des autres. Le Valais, grâce à la nature mais aussi et surtout grâce aux Valaisannes et aux Valaisans, ceux d’hier qui se sont battus pour sortir de la misère et ceux d’aujourd’hui qui ont gardé cette persévérance et ce goût de l’effort, n’a pas à rougir de sa situation. Au contraire, il peut et doit être fier d’avoir conservé ce petit supplément d’âme. Pour combien de temps encore…

Chers amis, il me reste à conclure sur une note positive en réconciliant le Valais et la Suisse. Je ne doute pas une seconde que nous parviendrons à traverser les épreuves actuelles en profitant une nouvelle fois des défis qui nous attendent. Pour cela, tirons tous à la même corde et voyons tout ce qui nous rapproche plutôt que les rares points qui nous divisent. Ceci vaut tant pour le Valais que pour la Suisse.

Vive le Valais et vive la Suisse !

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